La fermeté des Témoins de Jéhovah

 

La campagne nazie contre les Témoins de Jéhovah débuta en 1933 avec l’arrivée de Hitler au pouvoir.

Les Témoins de Jéhovah figuraient parmi les premières cibles de la répression nazie.

Leur refus de faire le salut nazi, de rejoindre les organisations du parti ou de laisser leurs enfants rejoindre les Jeunesses hitlériennes, de participer aux élections, et de pavoiser leurs maisons de drapeaux nazis les rendaient suspects et coupables.

Comme leur refus de servir dans l'armée allemande.

Une unité spéciale de la Gestapo (la police secrète de l'Etat) dressa une liste de toutes les personnes considérées comme Témoins de Jéhovah.

Des agents de la Gestapo infiltrèrent les réunions d'étude de la Bible.

 

‘Pourtant, à leur grande surprise, les nazis ne parvenaient pas à éliminer les Témoins.

Plus on les pressait et plus ils resserraient leurs rangs, formant un noyau de résistance dur comme le diamant. Hitler les avait catapultés dans une guerre eschatologique, et ils gardaient la foi.

Avec leurs triangles violets (signe d’identification cousu sur une manche), ils formaient dans les camps des réseaux très soudés; pour tous les sociologues qui étudient le phénomène de survie dans des conditions de tension extrême, l’expérience des Témoins constitue une précieuse source d’information; car, pour survivre, ils ont survécu!’

Christine King historienne.

 

 

Un avertissement à Hitler


Pour soutenir leurs frères allemands, les témoins de Jéhovah du monde entier se sont réunis le 7 octobre de la même année et ont envoyé le câblogramme suivant au gouvernement de Hitler :

 

“Les mauvais traitements que vous infligez aux témoins de Jéhovah révoltent tous les honnêtes gens et déshonorent le nom de Jéhovah. Cessez les persécutions contre les témoins de Jéhovah, sans quoi Dieu vous détruira vous et votre parti national.”

 

La réception de télégrammes de protestation en provenance de Témoins du monde entier mit Hitler dans une rage folle.

“Cette engeance sera exterminée en Allemagne”, hurla-t-il.

 

La persécution s’intensifia.

Victimes ou martyrs ?

 

Tous ceux qui ont souffert des nazis ont été des victimes, mais seule une minorité d’entre eux ont été des martyrs.

Une victime est une “personne torturée, violentée, assassinée”. En général, les victimes n’ont pas le choix.

Un martyr est une “personne qui a souffert la mort pour sa foi religieuse, qui meurt ou souffre pour une cause à laquelle elle se sacrifie”. (Grand dictionnaire encyclopédique Larousse.)

On est donc victime par la force des choses, mais martyr par choix.

Des millions de Juifs ont souffert et sont morts pour la seule raison qu’ils étaient de race juive. Croyants ou athées, ils furent tous voués à l’extermination. De même, les Slaves, principalement les Polonais, les Russes et les Ukrainiens, furent condamnés à mort pour le seul motif qu’aux yeux de Hitler ils constituaient ‘une race inférieure’ par rapport à la souche aryenne “supérieure”.

 

Le cas des Témoins de Jéhovah d’Europe était différent.

Ils étaient de nationalités diverses, mais leur position de neutralité chrétienne et leur refus de participer à l’effort de guerre dans quelque pays que ce soit furent interprétés par le régime national socialiste allemand comme une menace pacifiste.

 

Gordon Zahn, de l’université du Massachusetts, a divisé les victimes du nazisme en trois catégories:

 

1- ceux qui ont souffert pour ce qu’ils étaient : Juifs, Slaves, Tziganes,

 

2- ceux qui ont souffert pour ce qu’ils faisaient : homosexuels, militants politiques, résistants,

 

3- ceux qui ont souffert pour ce qu’ils refusaient de faire : les objecteurs de conscience, les Témoins de Jéhovah, et d’autres.

 

Martin Poetzinger

 

 

D'aucuns ne s'embarrassaient pas avec des principes ou une mausaise conscience pour saluer et prier pour Hitler, alors que des enfants Témoins de Jéhovah ont refusé de le faire !